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Retour sur 2014 : LE CONCOURS NATIONAL DE BRASS BANDS A YVETOT

lundi 19 janvier 2015 , par Roy Terry  
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En cette veille du championnat national de la CMF. Roy Terry nous livre son analyse du précédent concours Français.

Du point de vue de développement des brass bands, l’année 2014 a marquée deux anniversaires significatifs – le dixième anniversaire du Concours National organisé par CMF et le vingtième anniversaire de l’Open de France à Amboise. Pendant ce temps on a vu un développement rapide, et Yvetot 2014 a montré que les brass bands francais sont en très bonne santé. Les douze bands qui ont participé représentaient plus de soixante bands qui existent actuellement en France. Les bands ‘champion’ ont aussi assuré que la France est devenue un membre respecté de la communauté européenne des brass bands.

LE CONCOURS

Troisième Division :

Océane (Pascal Piedefer) 79 2e Prix – Le chef se spécialise dans l’encouragement de jeunes musiciens dont la plupart l’ont accompagné lorsqu’il vient au concours national britannique au Royal Albert Hall à Londres. Le band avait de la difficulté à jouer tôt à 9 heures du matin, donc ils ont joué le morceau imposé (A Malvern Suite – Philip Sparke) presque dans sa totalité avant de trouver leur forme normal. On remarquait la différence dans le morceau à choix (Legend in Brass – James Curnow) qu’ils ont joué avec beaucoup plus d’assurance. Mais ceci était aussi dû à la qualité de la composition du morceau – ‘éducatif’ dans le meilleur sens du mot, car il soutient le développement des musiciens moins expérimentées. Par exemple, on peut chanter les mélodies facilement. Le bugle capable a montré de bon contrôle, et le band a bien observé les nuances.

Deuxième Division

1) Brass Band En Seine (Pascal Piedefer) 85 1er Prix mention Bien. Dans le morceau imposé (Music for a Festival – Philip Sparke) et le morceau à choix (Brass Dynamics – Franco Cesarini) il était évident que ce band a fait de bon progrès ces dernières années. Les cornets ont joué comme une équipe de qualité, le son de l’euphonium était chaleureux et les tubas jouaient en justesse.

2) Côte Picarde (Philippe Lotin) 81 1er Prix. Jouant Musique pour Cinéma (Bertrand Moren) ils ont produit un grand son ‘cuivré’. La précision qu’ils ont apportée au morceau imposé a obligé le public à leur donner toute son attention. Les cornets et les trombones montrent de la bonne discipline.

3) Concordia (Hervé Priem) 73 2e Prix. Concordia vient de la petite ville de Lesquin connu pour son festival de cuivres. Le choix du morceau à choix constitue toujours un certain risque et malheureusement les deux morceaux choisis n’ont pas montré au mieux leur capacité. The Lost Chord(Sullivan) demande une justesse parfait et Cry of the Falcon (Kevin Houben) imite la musique du film qui encourage de mauvaises habitudes. Le band a joué mieux dans Music for a Festival, créant une bonne atmosphère dans le deuxième mouvement, et le cornet solo a joué le passage difficile et rapide avec grand succès.

Première Division

1) Lyon (Tommy Bourgeois) 91 1er Prix mention Très Bien. (Morceau imposé Oceans – Goff Richards ; morceau à choix Prisms – Peter Graham) Le band montre une véritable richesse de son, surtout les altos, avec Sophie Budelot comme soliste. Sophie, comme Benjamin Richeton qui joue maintenant avec ‘les dieux’ de Black Dyke, a commencé dans le band Sagona à Gray. Comme Benjamin, elle était, pendant de nombreuses années, membre du Brass Band Européen des Jeunes. Pour la première fois au concours on a entendu un son ‘authentique’ d’euphonium. Comme le trombone basse, ce musicien est venu à Lyon du Japon. Il sait que les euphoniums sont les violoncelles du brass band. En termes anglais, ce band n’est pas au niveau de ‘Second Section’. En effet, il y a plusieurs bands au niveau ‘Championship’ en Angleterre qui ne sont pas si bons. On entend tous les contrastes de la musique et les fortissimi sont riches, jamais durs.

2) Hauts de Flandres (Luigi Pacicco) 90 1er Prix mention Très Bien. Ils ont montré du raffinement de style dans Shine as the Light (Peter Graham), et ils sont capables de montrer une certaine délicatesse. L’équilibre entre les pupitres était bon dans Océans et le chef distinguait clairement entre le premier et arrière-plan du morceau.

3) Amiens (Eric Brisse) 83 1er Prix. Leur prestation est en général forte et vive. Brass Metamorphosis (James Curnow) est un morceau bien écrit – en effet c’était très agréable d’écouter deux morceaux successivement écrits par de ‘vrai’ compositeurs. Les musiciens ont montré bien la vélocité mais de temps en temps le son est devenu dur.

Division Excellence

1) Conservatoire de Douai (Olivier Dégardin) 83 1er Prix. Dans The Essence of Time (Peter Graham) et le morceau à choix (English Heritage – George Lloyd) le son était mur mais il y avait des problèmes d’équilibre entre les pupitres – les trombones acceptaient mal de prendre un rôle d’accompagnement. La cause de ce problème était évidente dans la composition du band : trois euphoniums, cinq trombones et six tubas contre trois altos. L’attitude vers la musique était plutôt métronomique – par conséquence les solos n’étaient toujours bien préparés par les parties accompangantes. Les musiciens sont évidemment capables mais n’écoutent pas encore les uns et les autres.

2) Brassage (Mathias Charton) 82 1er Prix. Au début de The Essence of Time on pensait qu’ils méritaient être en division honneur. On entendait de la vraie virtuosité. Cependant, ils ont choisi de jouer le 2eme Suite de Daphnis et Chloé comme morceau au choix. Ce n’était pas étonnant que ceci ne fût pas une réussite, car ce morceau avait déjà prouvé qu’il était en dehors de la capacité de tous, sauf deux des meilleurs bands britanniques au Concours National 2012.

Division Honneur

Morceau imposé : Vitae Aeternam Variations – Alexander Comitas

Thème : Paris (PBB – Florent Didier) - et Nord Pas-de- Calais (NPC – Luc Vertommen) - montrent de la bonne clarté et Paris avec fondation excellente des tubas. Aeolus (A – Bastien Stil) - un peu tentatif.

Variation I : PBB et A bien contrôlé tous les deux mais NPC a montré un peu moins de clarté.

Variation II : A a bien joué. L’interprétation du PBB était pensive et posée – le niveau du son est resté constant à mp. Au contraire, le cornet solo de NPC semblait un peu mal à l’aise au début.

Variation III : Tous les trois ont très bien joué. Aussi bien que de montrer toute leur virtuosité, PBB a bien préparé la transition à la prochaine variation. En effet l’efficacité de la transition de variation en variation était un élément majeur de leur prestation.

Variation IV : Clément Saunier (A) a bien démontré le ton réflectif de la musique dans le solo pour cornet. Par contre le cornet solo de NPC a trop projeté et a donc perdu le sens de méditation dans la musique. Puis le chef de NPC a commencé à pousser le tempo en avant et a, par conséquence, perdu le caractère essentiel de la musique, c’est-à-dire une lamentation. Pour PBB, Alexis Demailly est rentré dans le cœur de la musique, pareillement pour l’alto et trombone.

Variation V : Bastien Baumet (PBB) a donné l’exemple de comment soutenir une mélodie sans jouer plus fort que pianissimo, et le chef de PBB a relevé la qualité Mahlérienne de cette variation. A avait de problèmes de justesse tandis que le soliste de NPC (qui semble être invité) a fait des erreurs mineurs et il y avait des manques dans l’ensemble.

Variation VI : A et NPC sont arrivés au crescendo trop rapidement et le chef de NPC a transmis le solo exigeant de baryton à l’alto solo. PBB a produit une marche implacable avec le son vraiment descendu à piano – ce qui a bien monté la tension pour anticiper -

La Fugue et Apotheosis : L’interprétation de PBB était la seule qui a vraiment bien marché, car le tempo n’était pas trop rapide. Le passage difficile de fugue pour alto, euphonium, soprane et baryton était cent pour cent juste. A et NPC avaient des problèmes d’ensemble à cause d’un tempo trop rapide. Les cornets et trombones de NPC jouaient si fort que le son essentiel des altos était perdu.
Paris Brass Band, qui est sorti gagnant, était comparable à un orchestre de chambre de haute qualité, démontrant toute la clarté du contre-point. Ils avaient le même esprit symphonique dans leur morceau à choix, From Ancient Times (Jan van der Roost), hommage à l’age d’or de la polyphonie flamande.

Les morceaux au choix d’Aeolus (Extreme Makeover – John de Meij) et de Nord Pas-de-Calais (Concerto Grosso – Derek Bourgeois) ne leur a pas donné la même possibilité de démontrer toutes leurs capacités.
Résultat :
1) Paris Brass Band 93 1er Prix mention Très Bien.
2) Nord Pas-de-Calais 92 1er Prix mention Très Bien
3) Aeolus 91 1er Prix mention Très Bien

Ces trois bands ont été ambassadeurs dignes d’augmenter la réputation française aux concours européens. Il y a un groupe d’admirateurs, toujours croissant, de l’école française de brass bands – surtout entre les critiques et les compositeurs. Ayant entendu Paris Brass Band à Oslo 2013 le compositeur Edward Gregson l’a décrit comme ‘my kind of band’. Apres le concours d’Yvetot, Paris Brass Band était bien préparé pour faire face au défi de jouer à Perth en Ecosse mai 2014.

Félicitions à l’équipe de CMF pour l’efficacité de son organisation, et pour le sérieux de leur engagement avec l’Association Européenne des Brass Bands, résultant dans leur succès à gagner le contrat pour le concours européen à Lille 2016.

Le jury – Frans Violet, Marieka Gray et Marc Lys – dont les langues maternelles étaient flamand, anglais et français, a quand même réussi à surmonter les difficultés de communiquer.

Et l‘Auditorium des Vikings était une bonne salle pour jouer, avec suffisamment de places pour l’exposition de musique et d’instruments – aussi bien que pour l’aspect essentiel de socialiser.

Roy Terry (royterrymusic@gmail.com) était l’invité de CMF et de Besson