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MINI-FESTIVAL EUROPEEN A NICE

lundi 14 novembre 2011 , par Roy Terry  
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Devinette : quel est le lien entre un curé australien cornettiste, un soliste belge, un chef d’orchestre anglais et un brass band français comptant dans ses rangs une écossaise, un tchèque et un allemand ?

Un concert début octobre à l’église anglicane à Nice.

- Le curé de l’église, c’est le Père Ken Letts qui jouait du cornet solo quand il était étudiant au lycée à Melbourne en Australie.

- Le jeune soliste belge, c’est Glenn Van Looy qui a gagné des prix dans de nombreux concours internationaux en Hollande, à Paris, en Angleterre, en Australie, en Autriche. Cette année, il a gagné un concours international en Finlande malgré la concurrence venue des États-Unis et du Japon.

- Le chef anglais... c’est moi ! Résidant à temps partiel à Nice, j’ai été invité à conduire le Brass Band Méditerranée qui a offert ce concert au profit de la restauration de l’église à l’occasion de son 150e anniversaire.

Nous avons travaillé avec intensité pendant plus de trois semaines pour préparer un répertoire totalement nouveau. Le cœur en était la création française du Concerto No 1 pour Euphonium du compositeur anglais John Golland. Pendant les répétitions et le concert les musiciens du BBMed ont démontré un grand sérieux, relevant avec assurance le défi d’assimiler en si peu de temps ces toutes nouvelles partitions.

Le concerto de John Golland est écrit comme un morceau autobiographique. Après la cadence de l’introduction, le premier mouvement évoque sa jeunesse au nord de l’Angleterre dans un milieu industriel et son intérêt pour le jazz.

Les onze premières notes font référence à un code chiffré autour du nom du compositeur. Le mouvement se développe avec une cadence prolongée, romantique et plaintive qui met à l’épreuve toutes les compétences du soliste, non seulement pour la technique, mais aussi pour l’art de transmettre une émotion.

Des harmonies sombres conduisent à un style plus élégiaque. Ce deuxième mouvement est un test exigeant pour l’ensemble de l’orchestre,avec une mesure en 5/8 et des contre-rythmes plutôt complexes.

Ce mouvement lent, qui demande au soliste beaucoup de lyrisme, a été écrit dans un hôpital en Suisse. Toute sa vie, John Golland a connu des problèmes de santé. Il est mort à 50 ans en 1993.

Malgré ces sources d’inspirations plutôt sombres, le concerto s’achève sur une petite danse courte précédant un final impressionnant. On y entend des changements fréquents de mesure, alternant 2/4 et 5/8, qui constituent une épreuve supplémentaire pour les musiciens.

Le concerto est l’œuvre par excellence qui permet de mettre en valeur la polyvalence de l’euphonium et la virtuosité du soliste. Glenn van Looy en a donné une interprétation aussi brillante sur le plan techique que sur le plan émotionnel.

Il en est de même pour le Lament du Stabat Mater du compositeur gallois Karl Jenkins que ce jeune soliste a joué d’une façon extrêmement émouvante qui a beaucoup touché le public.

Comme« bis », Glenn a joué Bravura de Peter Graham, dans le style des variations fantastiques du 19ème siècle, avec références aux mélodies traditionnelles de l’Angleterre, de Écosse, de l’Irlande et du Pays de Galles.

C’est pour soutenir le développement du Brass Band Méditerranée que Glenn a accepté de jouer en « soliste invité » aux côtés de Baptiste Piasentin, récemment arrivé à Nice après avoir joué avec le Paris Brass Band.

L’œuvre symphonique principale du programme était Variations on Laudate Dominum d’Edward Gregson, morceau bien connu en France. (À noter que son Concerto pour Violon a été enregistré par le violoniste français Olivier Charlier.)

En décidant de ce programme, j’ai voulu profiter de l’acoustique de l’église pour inclure la musique sacrée de William Himes ainsi que les versions pour brass band de Nimrod des Enigma Variations d’Elgar et la Marche du Couronnement , tirée de l’opéra Le Prophète de Meyerbeer.

Le concert a fait salle comble et les spectateurs ont réagi avec un grand enthousiasme.
Il faut ajouter que la création du Concerto de John Golland a été soutenue par Besson et Golland Trust.

À mon retour à Londres, j’ai assisté à une cérémonie avec Karl Jenkins. Ce fut un grand plaisir pour moi de présenter Glenn à Karl Jenkins au Royal Albert Hall à l’occasion du concours national britannique où Glenn a gagné le prix du meilleur instrumentiste.

John Golland sera le compositeur principal du festival de cuivres du Royal Northern College of Music, à Manchester, le week-end du 27-29 janvier 2012, afin de célébrer le 70ème anniversaire de sa naissance. Reconnue comme l’une de ses œuvres les plus importantes, ce Premier Concerto sera joué par Matthew White avec le brass band Fairey (Genève). Le Black Dyke jouera Sounds, qui était le morceau imposé au concours européen en 1993.

Le Brassband Burgermusik Luzern jouera son Concerto for Brass Band ( écrit pour le Brass Band National des Jeunes Suisses) et David Childs avec le Cory jouera une autre œuvre pour euphonium : Belina.