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Linz : Deuxième carte postale d’Adam Prominski ...

samedi 1er mai 2010 , par Adam Prominski  
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Les coulisses d’un championnat européen - Morceaux choisis - Merci à Adam pour son reportage et ses photos !

Le brass se rassemble pour le départ sur le parking de l’hôtel. Calme et sérénité, toujours, mais une petite tension est en train de monter peu à peu. Le trajet dure une vingtaine de minutes. Arrivée au Bruckner Hall. Il est 16h. A l’entrée, un mikado géant composé de pièces de bois où les artistes sont invités à laisser un message ou signer. L’ensemble des tasseaux de bois est assemblé pour former une structure géante de plus de 2 mètres de haut et de 3 mètres d’envergure. Chacun y va de son message ou de son patronyme.

Dans le hall, traditionnellement, on retrouve les incontournables stands de Yamaha, Besson et autres facteurs d’instruments. Stand de vente de CD, mais aussi stand d’accueil et d’information sur Montreux, site du prochain championnat en 2011 pour lequel le brass s’est déjà qualifié en janvier dernier grâce sa victoire propre, nette et sans bavure à Amiens.

Finalement, le brass n’est attendu que pour 17h30. Il va falloir prendre son mal en patience. Petit couac dans l’organisation qui provoque un peu de stress et une attente inutile chez nos musiciens. Mais le groupe dépose ses instruments et part pour une promenade afin de se concentrer et prendre un peu d’air frais avant le début des épreuves. Rassemblement autour de Russel et de William qui savent trouver les mots qui rassurent et redonnent confiance.

Retour au Bruckner Hall. La tension est désormais palpable. Les visages sont concentrés et tendus. Les regards se font durs, les sourires deviennent rares. L’entrée dans l’arène se prépare. Ça y est, on demande au brass d’entrer dans les coulisses et de se préparer…

Pendant ce temps, les premiers brass s’engagent dans la course.

[...]

Cette fois-ci, c’est l’entrée dans la cour des grands ! Le moment tant rêvé depuis des semaines, des mois, voire des années pour certains. Le Brass Nord-Pas de Calais se mesure pour la toute première fois aux plus grands d’Europe. Du haut de ses 18 petites années, face à des monstres de plus d’un siècle d’existence parfois. Notre brass entre en scène sous les applaudissements du public.

Franck RENTON, qui a préparé et dirigé le Brass Nord-Pas de Calais pour le Championnat de France en janvier dernier, est le maître de cérémonie. Les musiciens s’installent. Le jury annonce qu’il est prêt. Entrée de Russel.

Silence…

Les premières notes arrivent. Tout en douceur. Le rythme s’accélère. Les notes s’enchaînent. Les instruments se répondent. S’ensuit un dialogue musical, une danse de notes de 15 minutes. La première partie de l’œuvre est bien maîtrisée : justesse, rondeur, musicalité. L’atmosphère est bonne. L’osmose entre le chef et les musiciens est totale, malgré une scène plutôt impressionnante et difficile à apprivoiser. La deuxième partie manque un peu de groove, de relief, notamment au moment du passage jazzy. Sans doute la fatigue qui commencet à se faire sentir. Pour autant, le brass tient le coup jusqu’à la troisième partie qu’il assure brillamment.

À l’issue de la prestation, on a l’impression que le brass s’est donné à 95 % et qu’il ne manquait pas grand chose pour parvenir au plus haut niveau. Mais les musiciens sont conscients que c’était juste une première étape dans une progression qui s’annonce décidément très prometteuse...

Place aux applaudissements. Ils signalent les dernières notes de l’œuvre. Soulagement pour nos musiciens. Le public vibre. Il applaudit le brass Nord-Pas de Calais.

La première partie est jouée ! C’en est fini de l’œuvre imposée. Reste la seconde, demain, la pièce libre.

Le bilan est plutôt bon pour cette première manche. Les impressions sont positives et les musiciens satisfaits du devoir accompli. Ils dégoulinent tant leur effort a été intense et le combat rude. Ils reprennent leur souffle. C’est sans doute un des meilleurs moments, juste après l’achèvement de l’œuvre.

Le calme et l’apaisement, une fois la tempête passée. On savoure l’effort engagé et la victoire. Victoire individuelle et collective à la fois. On est arrivé au bout ! On l’a fait et on a donné le meilleur de nous-mêmes !

Pour le Brass Nord-Pas de Calais, c’est la sortie en coulisses suivie d’un bref instant de répit et de discussions passionnées. On cherche à juger la prestation, à se positionner par rapport aux autres brass. Mais c’est au jury qu’appartient le dernier mot. Alea jacta est.

Pour notre brass, il est temps de se désaltérer, de se changer et de souffler. D’écouter les deux autres brass engagés qui passent juste derrière. Les légendaires Cory et Black Dyke venus de Grande-Bretagne.
[...]
Certes, il reste encore du chemin à parcourir, mais aujourd’hui, on a tous joué dans la même catégorie. Et le Brass était au niveau européen, sans avoir à rougir, loin de là…

Il est 20h. Retour à la salle de répétition pour la pièce libre.

Il s’agit de Harmony Music de Philip SPARKE. Début de la répétition à 20h30. La fatigue est présente, mais les efforts se poursuivent. Une répétition plus « light », histoire de décompresser en douceur et de rester dans le bain pour demain.

Retour à l’hôtel pour le dîner et quelques bières bien méritées. Même Russel avoue qu’il s’en accordera certainement une ce soir, chose faite d’ailleurs dans le bus de retour vers l’hôtel. Il demande néanmoins à nos musiciens d’être raisonnables et d’essayer de se coucher avant minuit. Car demain, le rendez-vous est fixé sur le parking à 8h30 pour une dernière répétition entre 9 et 11 heures. Celle-ci sera déterminante, tout comme l’ensemble de la journée. Car le jury de demain ne sera pas celui qui a jugé les prestations d’aujourd’hui…

Arrivée à l’hôtel. Il est 22h10. L’heure du dîner. Un dernier verre peut-être pour se détendre et commenter la prestation. Et aussi les prestations des autres. La journée a été intense. Il est temps d’aller se reposer. Il est temps de dormir un peu. Si le combat a été rude aujourd’hui, demain se joue la dernière bataille…