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Championnat de Brass Bands 2006

Guy Touvron, droit de réponse

jeudi 30 novembre 2006  
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Le Championnat National de Brass Bands 2006 est clos mais le débat est ouvert.

Notre site propose à ses visiteurs et lecteurs un forum où les opinions peuvent s’exprimer librement. Il est indéniable que la possibilité de le faire sous pseudonyme ou "avatar" est à la fois un gage de franchise et un risque de dérapage. À l’issue du Championnat, plusieurs messages tendent à prouver que le discours de monsieur Guy Touvron, membre du jury, a été mal perçu par quelques musiciens.
Maladresse, incompréhension, malentendu, émotion, susceptibilité, passion... voilà une liste non exhaustive de mots qui peuvent venir à l’esprit à la lecture de ces réactions.

Parmi celles-ci, une voix manquait à l’appel : celle de Guy Touvron lui-même.
Voici sa réponse.

Guy Touvron
Membre du jury 2006

« On ne prête qu’aux riches » dit le proverbe, et au vu de tout ce qu’on me prête sur les forums du site internet des Brass Band français, je dois être un homme que la vie a comblé.

Eh bien oui ! Mais trêve de plaisanterie, je noterai d’abord, renseignements pris, que toutes les remarques émanent des membres d’un même Brass-Band, celui qui, concourant dans la catégorie la plus faible, a été le plus mal classé par le jury.

Mauvais joueurs ? Il y a donc là un effet de groupe, de personnes qui se sont, les unes, les autres, encouragées à tenter de salir ma réputation. Je ne m’attarderai pas sur des attaques aussi médiocres mais passerai tout de suite au vif du sujet : le concours et la musique.

La C.M.F., que je remercie au passage, a convoqué les trois membres du jury la veille du concours pour en définir les modalités de jugement. Il a été précisé ce soir là qu’il était important qu’un jury ne soit pas composé uniquement de spécialistes du Brass-Band et, d’un commun accord, nous avons décidé, conformément au souhait de la C.M.F., de prêter une attention particulière à l’interprétation musicale ce qui justifiait d’autant plus ma présence. Dès mon plus jeune âge, j’ai fait partie de formations d’amateurs et, plus tard, j’ai été à la tête d’un ensemble de cuivres qui, en son temps, a été reconnu comme l’un des plus fameux.

En toute humilité mais pleinement lucide, ce qui a fait la différence entre moi et d’autres trompettistes ce sont mes qualités musicales. Je signale par ailleurs que dans les deux concours de Brass-Band précédents, deux éminents collègues du CNR de Paris, Philippe Legris et Jacques Mauger, ont été membres du jury sans que cela entraîne des discussions.

Où est donc le problème avec moi ? Probablement que j’ai osé dire, à la fin du concours, me faisant le porte-parole de tout le jury, que nous avions été un peu déçus par le manque de qualités musicales de certains Brass-Band, remarque qui n’était pas du tout faite pour accabler mais, au contraire, pour donner une orientation au travail à faire dans les années à venir.

N’y-a-t-il donc plus que la langue de bois qui doive s’utiliser en public ? J’ai constaté que ceux qui se sont plaints sur le site sont, pour quelques uns, de futurs professionnels. S’ils veulent progresser je leur conseille, plutôt que de recourir à l’agressivité, d’apprendre à tirer profit de toutes critiques. J’aurais d’ailleurs préféré, à ces lâches insultes, la proposition d’un dialogue auquel je reste ouvert.

Durant ce concours, certains, purement amateurs, se sont plaints que dans d’autres formations il s’agissait d’une mixité entre amateurs et professionnels. Ils n’ont pas à avoir de complexes puisque les ensembles purement amateurs ont parfois tenu la dragée haute aux ensembles mixtes. Tout ceci prouve que l’on trouve des personnalités remarquables dans les deux camps et, hélas, des personnalités plus quelconques.

Pour conclure, je citerai Furtwängler qui, en 1938, disait : « Comprenez-moi, je ne m’en prends pas à la technique transcendante, à laquelle, pas plus qu’un autre, je ne voudrais qu’on renonçât. J’en ai à tout autre chose, et qui m’inquiète beaucoup : à l’actuel déséquilibre entre notre expérience technique et notre expérience spirituelle de l’art. »

Guy TOUVRON