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Blandine Budelot, quinze printemps et du talent !

mercredi 25 février 2009 , par La rédactrice en chef  
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Au cours du dernier Championnat National de Brass Bands, en janvier 2009, nous avons été sensibles au talent de Blandine Budelot, cornet principal du Brass Band Sagona. Quelques semaines plus tard, cette talentueuse soliste confirme en remportant un Premier Prix de cornet au Concours d’Excellence organisé par la Confédération Musicale de France à Paris. Une performance remarquable quand on sait que Blandine n’a que quinze ans. Vivant à Remiremont, dans les Vosges, elle partage son temps entre la musique, sa vie de lycéenne de Seconde et bien d’autres passions. Elle a accepté de nous en parler avec ce mélange de fraîcheur et de maturité qui fait en partie le charme de son jeu musical. Sa jeunesse et sa simplicité nous ont autorisé le tutoiement.

À quel âge as-tu commencé à étudier la musique ?

J’ai commencé la musique à quatre ans avec l’éveil musical. À six ans est venu le moment de choisir l’instrument dont je voulais jouer. Mes parents étant professeurs de trompette et de cornet, on pourrait croire qu’ils m’ont directement influencée. Pourtant ça n’a pas été le cas : j’ai choisi seule et difficilement. J’ai débuté par le cornet avec mon père pour professeur puisqu’il considère encore aujourd’hui que cet instrument est plus facile d’accès au début.

Comment en es-tu venue à jouer dans un brass band ?

Mon père a crée le Brass Band Sagona en 1999 et Sophie, l’une de mes sœurs, y a joué assez tôt comme corniste. C’est vite devenu une « affaire familiale ». Avec mon frère Antoine, nous jouions déjà dans le brass band junior, puis à onze ans j’ai rejoint l’orchestre des « grands ». J’y ai pris beaucoup de plaisir.

As-tu la possibilité de rejoindre d’autres brass bands ?

En ce moment, je fais encore partie du Brass Band Sagona et je joue également au nouveau Brass Band de Remiremont. J’ai aussi fait partie du Brass Band des Hautes Vosges récemment, mais des problèmes d’emploi du temps m’empêche trop régulièrement d’assister aux répétitions.

Jouer en famille, est-ce toujours facile ?

J’avoue que parfois il est difficile de toujours jouer avec ses parents et surtout ses frères et soeurs. Déjà, mes parents se relaient une année sur deux pour me donner des cours et, pour l’un comme pour l’autre, c’est un vrai combat : je peux avoir un très mauvais caractère !
Ensuite, nous formons, Julie, Sophie, Antoine et moi un quatuor passionné mais souvent turbulent. Il y a quelque temps, les disputes entre nous étaient très fréquentes car chacun avait ses idées et ses goûts et voulait absolument les imposer. Heureusement, nous avons appris grâce à nos parents à respecter les idées des autres, ce qui nous permet de faire des répétitions plus calmes.

Nous avons tous joué dans le Brass Band Sagona et le quatuor « brass family » ou « Budelot’s band » a participé aux Eurochestries 2008. Finalement, on est tellement heureux d’avoir vécu tout ça ensemble que les disputes sont oubliées. Nous aimons jouer tous ensemble, nous formons un groupe et un clan. C’est une chance que peu de familles partagent malheureusement. Un esprit de famille renforcé !


As-tu déjà joué avec d’autres types d’ensembles ?

J’ai déjà joué dans des harmonies, des ensembles de musique de chambre, des orchestres symphoniques, comme pour les Eurochestries . Je pense qu’il est important d’avoir différentes expériences dans la musique pour ne pas s’en lasser un jour.

Te sens-tu parfois attirée par un autre pupitre ?

Il m’arrive de vouloir jouer d’autres cuivres de temps en temps. Voir le plaisir que les autres y prennent est très tentant, mais je sais que je serai totalement incapable de jouer correctement d’un euphonium par exemple. Alors pour l’instant je le laisse à ceux qui savent en jouer.

À quelle occasion ressens-tu les émotions les plus intenses, concert ou concours ?

Je ne saurais pas répondre précisément : tout dépend de l’émotion ressentie.

Si par "intense" on entend le trac, il s’agit sûrement des examens et concours. C’est là qu’on nous évalue, ce n’est pas vraiment pour partager un bon moment. Peu importe si je suis seule ou en orchestre, je n’arrive pas à être calme dans ces cas-là, c’en devient légendaire ! C’est un moyen de s’entraîner pour le BAC et c’est, dans un sens, bénéfique.

En revanche, s’il s’agit du plaisir euphorique de jouer, je dirais que les concerts existent pour ça. Ce sont des moments où l’on partage avec son orchestre et avec le public tout ce qu’on a appris en répétition et où l’on essaie de donner du plaisir à l’écoute. C’est magique !
Il est inutile de se demander lequel des deux je préfère !

As-tu un répertoire favori ?

Les pièces pour brass band comme celles de Philip Sparke ou Peter Graham sont sûrement celles qui me donnent le plus de plaisir au jeu. J’aime aussi les vieilles« lullabies » et « dances » anglaises, les musiques celtiques ou même quelques musiques nordistes pour lesquelles il y a de beaux arrangements pour brass band. J’ai la chance d’avoir un père qui les apprécie aussi et qui sait les trouver afin qu’on puisse les jouer.

Y a-t-il un genre musical que tu aimerais voir se développer au sein des brass bands français ?

Il serait effectivement intéressant de pouvoir interpréter des morceaux de rock comme ceux de Muse à condition que l’arrangement soit réussi. Mais j’ai tout de même l’impression que les compositeurs arrangent pour Brass Band un peu de tous les genres musicaux : avec Sagona, nous avons déjà joué du jazz, de la pop, du classique, et un peu de rock. C’est assez diversifié heureusement !


Comment réussis-tu à concilier le temps consacré au cornet avec le lycée ?


Je ne joue pas de mon instrument autant que je le devrais, mon père en est conscient ! Généralement, je joue un peu chaque jour après les cours et un peu plus dès que j’en ai le temps. Il est vrai que rentrer tous les soirs à 18 heures ne facilite pas vraiment les choses, surtout quand une pile de devoirs attend d’être effectuée. Mais quand on aime, on s’adapte.

T’es-tu déjà sentie découragée, t’est-il arrivé d’avoir envie d’arrêter ?

J’avoue qu’il m’est arrivé de vouloir arrêter la musique, et à plusieurs reprises. Mais c’était uniquement des caprices d’adolescente de douze ans fâchée contre ses parents, donc rien de très sérieux.
Parfois, il est difficile de se convaincre que l’on peut réussir. Je n’aime pas dire que je suis vraiment douée dans la musique parce qu’à mon sens, ça n’est pas vrai.
Je peux toujours faire mieux, ce qui me met en colère contre moi. J’espère simplement que les gens qui m’écoutent éprouvent un peu de plaisir, que j’arrive à leur donner quelque chose.


Pourrais-tu nous confier le pire souvenir de ta jeune carrière musicale ?

Cela ne date pas d’il y a très longtemps !
Il s’agit tout simplement du jour du Concours d’Excellence organisé par la C.M.F, le dimanche 8 Février 2009.
J’étais malade, une double otite, et n’entendais pas ce que je jouais. À cause de cela, j’étais convaincue que je n’avais pas réussi et je me suis effondrée vers mon père étonné. Un véritable cauchemar pour moi qui ne supporte pas la pression des examens.


Et le meilleur ?

Les souvenirs heureux sont tellement nombreux que je ne saurais pas lequel choisir.

Les bonnes années du Brass Band Sagona, les voyages en Angleterre ou en Suisse... ?

Peut-être, tout simplement, le Brass Band Européen des Jeunes 2008 , avec ma soeur en Norvège.

C’était une des expériences les plus importantes de ma vie, non seulement pour la destination et le voyage, mais surtout pour les rencontres, le répertoire musical, les concerts et le fait d’assister dans la foulée au concours européen. Je n’oublierai jamais ces instants.
Mais il y a aussi les Eurochestries , moments musicaux qui m’ont permis de rencontrer mon meilleur ami Mathieu Vanbeslaëre.

As-tu une idée de ce que sera ton avenir musical ?

Aujourd’hui, je ne sais pas si je me tournerai complètement vers la musique jusqu’à en faire mon métier. Pour l’instant, je compte continuer à jouer dans différents orchestres, à voyager si je le peux, peut-être même apprendre à jouer d’autres instruments. Je tiens à progresser, à ne pas en rester là.

As-tu d’autres passions ?

Je suis une passionnée de littérature. J’adore lire et écrire, mais aussi regarder de plus près les autres arts comme le théâtre, le cinéma, la peinture. Je fais partie du groupe de théâtre de mon lycée à Remiremont.

D’une façon générale, quelles sont les réactions de tes amis de classe ? Sont-ils compréhensifs ou tournés vers leurs propres centres d’intérêt ?

Je crois que la plupart de mes amis comprennent mon intérêt pour la musique. Soit parce qu’ils jouent eux aussi d’un instrument (même si ces instruments sont différents), soit parce qu’ils ont eux-mêmes des passions importantes à leurs yeux. Ils savent aussi que ma famille vit dans la musique, alors je pense qu’ils seraient plutôt étonnés si je n’en faisais pas !


As-tu envie de parler ici d’un ou de plusieurs de tes professeurs de musique ?

Même si ce sont aussi mes parents, je voudrais citer et surtout remercier les exceptionnels Pierre-Marie et Isabelle Budelot. Ils m’ont énormément donné, avec beaucoup de patience et de professionnalisme. J’ai eu la chance de les avoir à la fois pour parents et pour professeurs.
Merci à eux mais aussi à Julie, Sophie, Antoine Budelot et à Mathieu Vanbeslaëre qui ont, eux-aussi, été des professeurs d’orchestre fantastiques. Sans leurs précieuses leçons et leur aide je n’aurais sûrement rien fait de bien, et j’espère qu’ils auront un avenir grandiose dans la musique ou ailleurs.
Bien sûr, j’ai rencontré beaucoup d’autres personnes qui m’ont soutenue et aidée, et même si je ne les ai pas citées, je les remercie.


Quelle musique écoutes-tu en ce moment ?

J’écoute un peu de tout, des musiques de film jusqu’à Debussy, en passant par les CD de brass band comme Hymm of the Highlands ou même du rock avec Linkin’ Park . J’aime moins les musiques électroniques quand il s’agit juste de les écouter. Selon moi, elles ne sont pas faites pour l’écoute, mais plutôt pour le sport et la danse moderne.


As-tu un film préféré ou un livre préféré ?

J’affectionne trop de films pour pouvoir choisir, encore une fois !
Alors voici quelques exemples : Le Cercle des poètes disparus , À la rencontre de Forrester , ou encore Twilight-chapitre 1 : Fascination , ( beaucoup de filles de mon âge l’adorent apparemment !) Les livres dont ce dernier film est l’adaptation font aussi partie de mes livres préférés, comme Totto-Chan de Tetsuko Kuroyanagi.

Musique, littérature, cinéma, théâtre, amis, famille... Il faut à présent laisser Blandine retourner à tout ce qui la rend si passionnante et attachante. Nous la remercions ici pour le temps qu’elle nous a consacré en lui souhaitant tous les succès et toutes les émotions dont elle peut rêver.