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CHAMPIONNAT NATIONAL 2009 LE RÉCIT HEURE PAR HEURE

lundi 26 janvier 2009 , par La rédactrice en chef  
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Le Championnat National de Brass Bands 2009 vécu par notre reporter heure par heure, brass band après brass band.
Les morceaux sont annoncés dans leur ordre d’exécution et les impressions livrées sont celles de quelqu’un qui n’aime la musique que pour elle-même et qui n’est ni professeur, ni instrumentiste, ni membre d’aucun jury. Juste des oreilles et un coeur.

Avant l’heure H

Vers 9h30, le dévoué reporter de www.brassband.fr traverse une rue de Rome déserte, comme Paris un dimanche. Rue de Madrid, premier arrêt au café de l’Europe pour un expresso : le réconfort avant l’effort. Sur les quelques mètres qui le séparent du Conservatoire à Rayonnement Régional, il croise quelques uns de ceux qu’il baptise, un peu amusé, « les pantalons noirs ». On reconnaît les musiciens qui s’apprêtent à concourir : ils ont en général un pantalon noir cassant sur des chaussures assorties, la mine encore un peu chiffonnée de sommeil et déjà concentrée sur l’objectif du jour, un sac imposant à l’épaule et un portable à l’oreille.

10 heures

Le hall du conservatoire frémit déjà. Des membres de la C.M.F, organisatrice de l’événement, accueillent, saluent, renseignent. Il est temps de prendre un programme et de gagner l’auditorium.
Première surprise : la salle est déjà bien remplie et on peut y voir beaucoup d’enfants qui ont l’air ravis d’être là. C’est de bon augure pour la suite. Un public qui n’hésite pas à se déplacer pour soutenir les premières divisions et donc, bien souvent, les plus jeunes des compétiteurs, c’est plutôt bon signe pour l’avenir du mouvement brass band en France.

10h20 : Ouverture de la compétition

Pour celles et ceux qui l’ignoreraient, il faut savoir que les ensembles s’exécutent devant un jury masqué par un paravent. Le jury ne se manifeste que par un discret coup de sifflet signifiant qu’il est prêt et les orchestres lui sont désignés par des lettres. Un système qui garantit l’anonymat... ou presque... tant il est vrai qu’une oreille un peu exercée ne tarde pas à reconnaître un style, un son, une « patte ». Néanmoins, il n’existe pas de moyen plus sûr.

10h30 : Troisième Division

Brass band en Seine

Brass Band en Seine, direction Pascal Piedefer

Morceau imposé : European Folks, Bertrand Moren

Morceau choisi : A Malvern Suite, Philip Sparke

C’est un orchestre qui compte dans ses rangs de fort jeunes instrumentistes. Alors, bien sûr, ça et là, c’est un peu brouillon, un peu raide, mais cela n’empêche pas de percevoir une belle et saine énergie, à l’image de la direction très dynamique de Pascal Piedefer. On sent qu’il donne le maximum et qu’il cherche à communiquer cet engagement à ses musiciens. Le pupitre de cornets est sur la bonne voie pour une exécution soudée et cohérente. La présence de jeunes filles aux percussions entraîne la sympathie. Enfin, même si le morceau imposé cède parfois à quelques facilités, il reste plaisant et entraînant. Tous ces éléments réunis font que le Brass Band en Seine récolte des applaudissements mérités.


11h05 : Deuxième Division

Brass Band Sagona

Brass Band Sagona, direction Pierre-Marie Budelot

Morceau choisi : Ross Roy, Jacob de Haan

Morceau imposé : Valerius Variations, Philip Sparke

Les premières mesures dégagent une certaine ampleur et une belle impression d’ensemble. Il est à remarquer que ce brass band compte une importante représentation féminine. Est-ce cela qui lui donne cette musicalité, cette fraîcheur ? Allez savoir... Les aigus ne sont pas sans défaut. Par moments, le son se désunit. Les trombones manquent un peu de corps et il semble que le percussionniste ait eu quelques difficultés à retrouver son maillet ! Toujours est-il que même avec ces défauts de jeunesse le brass band Sagona fait passer une émotion. Et cela ne relève pas toujours de la technique. Il a aussi la chance d’avoir pour cornet principal une jeune fille extrêmement prometteuse, douée d’un toucher très subtil et velouté. On a envie de les voir progresser et de les suivre.


11h35 : Première Division

Brass Band ATOUTVENT

Brass Band Atout Vent, direction William Houssoy

Morceau choisi : Legend in brass, James Curnow

Morceau imposé : Firestorm, Stephen Bulla

Houlà ! On les voit s’installer derrière leurs pupitres drapés de fanions aux couleurs de leur orchestre et on se demande s’ils ne vont pas se lever et exécuter un Haka à la manière des All Blacks (rugbymen néo-zélandais, ndlr) auxquels ils semblent d’ailleurs avoir emprunté leurs tenues noires et... noires. Donc, tout de noir vêtus, voilà de sacrés gaillards qui nous offrent une prestation virile, puissante, pour ne pas dire martiale. Ça gronde, ça vibre, ça enfle, ça éclate. Et tout ça avec une belle cohésion, presque au coude à coude. Le public est emballé et les applaudit chaleureusement. Malgré toutes les qualités ci-dessus énoncées, on peut regretter que les nuances aient été négligées. Techniquement, c’est bien mais cela reste un peu froid, à la limite aigre par instants. C’est un brass band qui devrait travailler la douceur sans craindre de perdre sa force.


Bass Band LATINUS

Latinus Brass Band, direction Philippe Limoge

Morceau imposé : Firestorm, Stephen Bulla

Morceau choisi : Northern Landscapes, Peter Graham

Sur le morceau imposé, on constate que les nuances ne sont pas un vain investissement. Grâce à une exécution plus souple, moins en force que leurs prédécesseurs, les musiciens du Latinus Brass Band nous laissent le temps de voir la tempête se lever et les flammes se mettre à danser de plus en plus furieusement (si l’on en croit le titre du morceau). C’est un ensemble qui dégage une impression de classe, d’élégance. Malheureusement, les paysages du nord de Peter Graham ne leur donnent pas l’occasion de confirmer cette sensation. L’interprétation manque d’implication, c’est assez plat, sauf le final qui retrouve un peu d’élan. Dommage que la prestation s’achève sur une dernière note mal maîtrisée.


13h : Division Excellence

Brass Band d'Amiens

Brass Band d’Amiens, direction Éric Brisse

Morceau imposé : Salomé, G. Wood

Morceaux choisis : Hispanola, Jan de Haan et
Portrait of a city, deuxième mouvement "Autumn", Philip Sparke

L’ensemble dégage de la puissance mais leur Salomé ne nous donne pas beaucoup d’Orient. Une technique solide ne laisse pas de place à la sensualité qu’une telle partition pouvait offrir. Le pupitre de tubas s’en sort bien. Et encore mieux dans les morceaux choisis où on les entend chanter, tels des voix humaines. Sur le dernier morceau, des attaques imprécises amènent le son d’ensemble à se défaire. On devine de grandes qualités mais elles demanderaient plus de rigueur pour s’épanouir.


Brassage Brass Band

Brassage Brass Band, direction Mathias Charton

Morceaux choisis : Brass Spirit, D.J Titanium et
The Armed man, Karl Jenkins, arrangement Tony Small

Morceau imposé : Salomé, G. Wood

Dès leur entrée sur scène, on perçoit leur dynamisme. La salle est comble. Leur première exécution dégage un éclat joyeux. Ils se mettent le public (et peut-être le jury) dans la poche avec un morceau comme The Armed Man : les pieds frappent le plancher en cadence, les coeurs battent à l’unisson. Le chef dirige avec une belle envergure, de la grâce et un vrai sens du phrasé musical. Cela permet à Salomé de venir déployer ses charmes, passant avec fluidité de la force à la douceur, bien appuyée par les timbales et très joliment servie par une jeune fille au cornet principal. On a vu soudain des voiles de soie, un désert, une danseuse... C’est la deuxième fois de la journée que des solistes de sexe féminin apportent quelque chose de nouveau au brass band. L’heure pour les messieurs de réviser leurs approches parfois musclées de certaines partitions ? Affaire à suivre...

15 h : Division Honneur


Æolus

Æolus : direction Bastien Still

Morceau imposé : Alea Jacta Est, the die is cast, Michaël Forsyth

Morceau choisi : Music for Battle Creek, Philip Sparke

Comment écouter le quadruple champion de France en toute objectivité ? Fermer les yeux est un moyen parmi d’autres. À la virtuosité, Æolus réussit à marier l’humilité. Le son d’ensemble est ce qui doit être servi. Il n’est ni serré, ni aigre, ni tremblant, il se déploie rond et chaud, prend toute son ampleur. On peut ne pas aimer ce lyrisme, mais on ne peut nier qu’il fait naître une véritable émotion. La qualité d’écoute de la salle ne trompe pas. Cornet principal et euphonium se répondent en un chant d’une douceur et d’une musicalité indiscutables. Enfin, il faut souligner l’intelligence de la direction et de l’interprétation. Æolus est un orchestre. Avec son phrasé, son style, propres. Et donc, ceux qui n’y adhèrent pas. Un brass band français, avec un son qui ne copie personne. C’est un risque.


Brass Band Nord Pas de Calais

Brass Band Nord-Pas-de-Calais, direction Frank Renton

Morceau imposé : Alea Jacta Est, the die is cast, Michaël Forsyth

Morceau choisi : Malcolm Arnold Variations, Martin Ellerby

La prestation du Brass Band Nord-Pas-de-Calais est un hommage au travail. Tout est en place avec une grande précision. La technique, les attaques, le rythme, la possibilité pour chacun d’être entendu tout en s’intégrant parfaitement dans l’ensemble, tout a été étudié, répété, rôdé, jusqu’à obtenir une exécution à laquelle il est difficile de faire des reproches. Le tout sous-tendu par une volonté de gagner presque palpable, ce qui est aussi une caractéristique des champions.


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