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Le cas des Lucas

mardi 30 octobre 2007 , par La rédactrice en chef  
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En octobre 2007, Elodie partageait la joie du Brass Band de Courtrai, lauréat du concours international de Folkestone. Matthieu, lui, arborera jusqu’en décembre les « Couleurs Cuivre » du festival du même nom organisé par le Brass Band Normandie tout au long des communes de l’Eure et de la Haute-Normandie. Les Lucas sont un cas de passion et de ferveur dans un univers cuivré, étincelant comme leur jeunesse !

Ils sont frère et soeur. Ils ont à peine cinquante printemps à eux deux. Ils interviennent, entre autres, au Brass Band Normandie et ont en commun un caractère bien trempé – sale temps pour les petit(e)s ami(e)s ! -

Amusez-vous à comparer leurs réponses.

Honneur aux dames

- Élodie, quel instrument as-tu choisi ?

Le saxhorn alto qu’on appelle aussi la « pichotte » avec deux « t » !

- Où se trouve-t-il, chez toi ?

Dans ma chambre, sous mon lit.

- Pourquoi l’avoir choisi ?

J’assistais au cours de trompette de mon grand frère. Son professeur, Philippe Gervais , a insisté pendant des semaines pour que je commence l’alto. J’ai fini par craquer. Pas trop motivée au début. Et puis je suis tombée amoureuse... de l’instrument !

- Dans cette histoire d’amour, as-tu déjà commis des infidélités ?

Ça m’arrive. Je reprends ma flûte traversière.

- Est-ce que l’alto est bien supporté par tes parents, tes amis, ton entourage en général ?

Mes amis ne connaissent pas du tout, du tout... Mes parents trouvent le son très doux, très joli et je n’ai pas de problème avec les voisins puisque j’habite à la campagne.

- Quel est ton rythme de travail ? Intense ? Raisonnable ?

J’en fais huit heures par jour.

 ???

Non ! Sérieusement : deux à trois heures. J’essaie.

- Est-ce que tu as déjà traîné des pieds pour aller à ton cours, ou à une répétition ?

Non, jamais. Même plus jeune, même malade, j’y suis toujours allée.

- Ta première fierté avec la pichotte ?

Quand je suis entrée au Brass Band Junior. J’étais super contente. Ensuite, il y avait la carotte pour me faire avancer : le Brass Band Normandie.

- Et la première honte ?

La première vraie honte ? Concert de sextuor. J’étais soliste et j’ai collé un pain énorme, mais énorme ! (Ndr : « coller un pain » : faire un couac !)

- Quel est ton souvenir le plus marquant ?

Une masterclass avec Sheona White, la soliste du Yorkshire Building Society Band. En deux heures passées avec elle, on a eu un cours de dix minutes et en dix minutes elle nous a appris plein de choses. J’ai réussi à ne pas être trop impressionnée. Elle nous a mis en confiance. Mais quand elle a pris l’alto et qu’elle a commencé à jouer... je me suis sentie moins à l’aise.

- En tant que représentante du sexe féminin, c’est le moment d’en parler honnêtement : est-ce que c’est un milieu « macho », les cuivres en général et le brass band en particulier ?

C’est difficile de faire sa place, oui. Au début du brass band, je n’étais pas très à l’aise. Il y a eu des moqueries, des réflexions pas très sympathiques sur le physique, mais j’ai réussi à me faire respecter. Il faut affirmer son caractère et ça finit par passer.

- Quelle place occupes-tu au Brass Band Normandie ?

Alto solo. J’ai pleuré pour l’avoir. C’est une place difficile à tenir, ça crée quelques tensions. Je suis censée être chef de pupitre et les petites observations que je suis amenée à faire ne sont pas toujours bien reçues.

- Quelles sont les pièces que tu préfères travailler et interpréter ?

Les pièces de concours. Plutôt des pièces contemporaines.

- As-tu des compositeurs favoris ?

Oui. Derek Bourgeois et Philip Wilby.

- Comment réussis-tu à gérer les trajets, la fatigue, la vie privée ?

L’alto et le brass band avant tout. Si ça ne plaît pas au petit copain, tant pis !

- Quels sont tes projets, tes ambitions ?

Devenir professeur de saxhorn alto. Et puis, pourquoi pas, jouer en soliste un peu partout en France et ailleurs. Mais ça, c’est un rêve, c’est une grande ambition.

Le grand frère

- Matthieu, tu occupes quel pupitre au Brass Band Normandie ?

Je suis cornet principal. Un peu le rôle de violon solo de l’orchestre. Je joue aussi de la trompette. De toute façon, il n’y a pas vraiment d’école de cornet à pistons.

- Élodie, ta soeur, range son alto sous son lit, et toi ?

J’ai mon petit placard où je mets toutes mes boîtes. Je dois avoir cinq ou six boîtes de trompettes, ça commence à être bien serré.

- Est-ce tu as déjà eu envie de jeter ta trompette par terre ou contre un mur ?

Non, jamais. Mais ça lui est arrivé de rester dans la boîte certains jours où je n’étais pas en forme.

- Est-ce que l’alto est bien supporté par tes parents, tes amis, ton entourage en général ?

Mes parents sont musiciens, donc il n’y a pas de problème. En général, les gens que j’aime bien comprennent ce que je fais. Après, les petites amies, si elles ne supportent pas, eh bien, on les vire. En gros, c’est comme ça.

- Quel est ton rythme de travail ? Intense ? Raisonnable ?

En moyenne, deux heures et demie de boulot. Sans compter les cours qu’on donne.

- Est-ce que tu as déjà traîné des pieds pour aller à ton cours, ou à une répétition ?

Non, jamais.

- Ta première fierté avec ton instrument ?

Le jour où j’ai fait pleurer ma mère en jouant en soliste avec un orchestre. Je suis assez fier de ce moment.

- Et la première honte ?

Le jour où j’ai joué de la trompette de cavalerie. Je m’étais présenté à un concours dans une fanfare de musique militaire. Il leur restait deux places en trompette de cavalerie. À l’époque, j’ai accepté. J’ai démissionné quand j’ai dû choisir entre ça et la direction de l’école de musique de Brotonne.

- Quel est ton souvenir le plus marquant ?

Notre victoire au concours de brass bands de Birmingham en 2000. (Ndr : avec le BBN)

- Comment réussis-tu à gérer les trajets, la fatigue, la vie privée ?

C’est difficile. L’année dernière, je faisais beaucoup de concerts avec la gendarmerie et au concours de brass bands de Paris, je me suis fait un peu peur. J’avais une petite fatigue de lèvres. Mais, même avec le niveau qu’on a ce jour-là, il faut se battre. Sans parler des allers et retours constants entre l’orchestre de la gendarmerie et l’école de musique en Normandie. À un moment donné, il faut faire un choix.

- Quels sont tes projets, tes ambitions ?

Mon rêve, ce serait d’obtenir mon Certificat d’Aptitude et d’être prof dans une école nationale, une structure qui me permettrait d’encadrer vraiment les jeunes comme je le voudrais.

Dans la rubrique : « Et si... »

S’ils n’avaient pas fait de musique que seraient-ils devenus ?

Élodie serait peut-être psychologue ou interprète et Matthieu, quelque part dans un laboratoire en train de faire des expériences de chimie.

S’ils devaient associer la musique de brass band à un paysage, ce serait la montagne pour Matthieu et l’Écosse profonde pour Élodie.