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Le salut par la musique

samedi 22 septembre 2007 , par La rédactrice en chef  
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Sur ces photos, tout semble y être : un chef, des cuivres, un kiosque à musique, un public familial, du soleil, un peu d’ombre... en somme, un vrai concert de brass band en plein air comme on les aime !

Si l’on observe plus attentivement, on remarque non seulement le drapeau américain, mais aussi cet écusson rouge sur lequel on peut lire « Armée du Salut ».

Eh oui, ces casquettes, ces képis, ces calots, que notre mémoire collective associe presque exclusivement à la distribution de soupe chaude aux sans-abris durant l’hiver au son d’une petite cloche, abritent, à l’ombre de leurs visières, de sacrés musiciens, sans mauvais jeu de mots.

En effet, si l’Armée du Salut, une église fondée par William Booth au XIXème siècle en réponse à la misère qui ravage la classe ouvrière de Londres, écrasée par la Révolution Industrielle, est indissociable de la foi, nous sommes nombreux à ignorer ce que cette organisation a apporté à la musique, et aux brass bands en particulier.

Dès ses origines, le mouvement s’appuie sur le chant pour porter son message, mais c’est en 1878 que Charles Fry et ses trois fils rejoignent les rangs salutistes avec leurs cuivres et leur talent d’instrumentistes. C’est la naissance de l’ « Halleluja Brass Band » et le début d’une fantastique aventure.

Le mouvement essaime rapidement en Grande-Bretagne, puis en Europe, en Amérique, au Canada et dans toutes les colonies de l’Empire britannique.

Les salutistes exercent souvent leur ministère en plein air et sont animés d’une grande ferveur ce qui confère à leur musique un fort pouvoir d’attraction populaire. Selon leur propre expression, ils mettent des « mots célestes sur des airs profanes ». Peu à peu, ils élaborent un répertoire spécifique et propre à leur église qui est aujourd’hui encore leur entière propriété. Ils nourrissent les rangs de nombreuses fanfares et harmonies, y compris au sein de formations militaires durant les deux dernières guerres mondiales, et leurs instrumentistes sont reconnus comme étant parmi les meilleurs.

De nos jours, nombre de brass bands jouent des œuvres de Peter Graham sans savoir, par exemple, que Shine as the Light est un morceau dédié à un capitaine de l’Armée du Salut, ami proche du compositeur.

C’est en écoutant l’orchestre de la Musique Nationale accompagné d’une des plus fameuses formations salutistes des États-Unis (le National Capital Band de Washington DC), à l’ombre des arbres du square Jean XXIII, derrière Notre Dame, et en bavardant ensuite avec les musiciens que nous avons découvert cet aspect mal connu de l’histoire des ensembles de cuivres.

Rodney Gravett avec deux membres du National Capital Band - le trombone solo et compositeur Stephen Bulla et le Chef de Fanfare James Anderson
qui est lui-même également compositeur.

Et c’est là que nous avons découvert le visage de Rodney Gravett, euphonium à la Musique Nationale, homme ouvert, généreux et traducteur de talent des premières pages de www.brassband.fr pour la version anglaise du site.

Encore une contribution de cette « armée » pas comme les autres, puisqu’elle n’est portée que par des valeurs de paix et d’entraide, à l’épanouissement du mouvement brass band en France !