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Le bel âge de "Brassage"

dimanche 17 juin 2007 , par La rédactrice en chef  
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Avec une moyenne d’âge des musiciens estimée à 24 ans, 20 % de représentation féminine et jusqu’à onze nationalités différentes au sein de l’orchestre, le Brassage Brass Band affiche sans complexe ses couleurs pleines d’ambition : le rouge de la passion et le noir de la rigueur. Entretien avec Mathias Charton, le tout jeune chef de ce tout jeune ensemble.

Le Brassage Brass Band a été créé en 2005. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans une aventure pareille ?

L’idée est venue avec des camarades du Conservatoire National de Lyon. Arrivés à Paris, nous avons commencé à jouer dans des harmonies différentes alors, pour nous retrouver autour de notre passion nous avons décidé de fonder un ensemble de cuivres, composé essentiellement de trompettistes. Mais le succès de l’entreprise a dépassé nos espérances et très vite l’idée de la formation brass band s’est imposée.

Comment avez-vous réussi à remplir les rangs de chaque pupitre ?

Cela s’est fait petit à petit. Les musiciens ont accepté de passer sur de nouveaux instruments, comme les trompettistes qui se sont mis aux « pichottes ». Aujourd’hui, l’ensemble se compose surtout d’élèves de CNR (Conservatoires Nationaux de Région, ndlr) et de membres de l’Orchestre de la Gendarmerie Mobile. Nous avons la chance d’avoir toujours au moins deux anglais parmi nous. Ils nous apportent leurs partitions et leur culture brass band.

Quels sont vos principales motivations, vos principaux objectifs ?

Indiscutablement, notre premier objectif, c’est le son. Pour notre première participation au Championnat National en novembre 2006, le jury nous a notamment reproché d’avoir un jeu trop « trompette ». Nous travaillons beaucoup à assouplir le jeu des cornets. L’année dernière, nous avons joué avec un brass band norvégien composé d’enfants de douze ans. Leur son était tellement homogène et abouti que nous avons reçu une grosse claque. Alors, voilà, les répétitions sont studieuses. Nous commençons par une demie-heure de gamme.

Est-ce que l’élément féminin bien présent dans votre ensemble contribue à cette recherche ?

Oui. Il y a parfois jusqu’à sept filles dans nos rangs. Ce qui est beaucoup pour un brass band et, qui plus est, un brass band français. Je préfère avoir des filles au cornet. Elles ont un son moins agressif, plus velouté.
D’une façon générale, elles apportent une ambiance apaisée. Il y a un peu moins de blagues type « orchestre de cuivres ».Cela ne nous empêche pas de faire la fête et de nous retrouver avant ou après les répétitions et les concerts. Mais, pendant le travail, l’ambiance est studieuse.

Voilà pour le son et l’ambiance. Mais, en ce qui concerne le répertoire, avez-vous des choix précis ?

Le deuxième objectif de Brassage, c’est de populariser le mouvement brass band, ici, en France. Pour cela, nous préférons réserver les pièces difficiles aux concours. Nous considérons pour l’instant les concours comme un moyen de progresser. Pour les concerts, nous donnons la préférence à un répertoire plus léger. Nous voulons créer l’enthousiasme. Nous jouons des musiques de dessins animés, de films, des arrangements de grands standards du rock comme Bohemian Rhapsody de Queen.


Vous signez vous-même certains arrangements ?

Nous sommes trois à les faire. Je suis aidé par Kevin Duriez, professeur de musique et par Olivier Garnier, tubiste à l’Orchestre de la Gendarmerie mobile.

Vous arrive-t-il de jouer vos propres compositions ?

J’ai composé quand j’étais étudiant à la Fac, à Lyon. Mais aujourd’hui, je préfère laisser la place à ce qui existe déjà et qui est très bien fait pour mettre l’accent sur les arrangements.

Comment menez-vous votre propre parcours de musicien ?

Je suis professeur de musique en collège, cela me permet de travailler l’analyse et la direction d’orchestre à l’Ecole Normale de Musique et au CNSM. J’ai beaucoup de chance. Je dirige cinq formations. En dehors de Brassage, il y a Brassage Harmonie, Musique en Seine (un orchestre symphonique), Les Palétuviens (un orchestre d’opérette) et le Star Pop Orchestra, un orchestre symphonique monté avec Benoît Meurin et des copains du CNSM, qui nous permet d’interpréter des musiques de films.

Est-ce qu’il reste un peu de temps pour la vie privée ?

Hum...

Un silence. Une ombre furtive passe sur le visage de Mathias Charton qui retrouve son sourire pour évoquer les projets de Brassage.

Après un an de répétitions régulières avec à chaque fois 70 à 80 % des musiciens présents, nous pouvons envisager de poursuivre notre progression. Nous avons l’intention de gagner quelques échelons au prochain Championnat National à la rentrée 2007. Au programme de la saison prochaine, nous avons aussi un concert de Noël avec choeur et une tournée en Rhône-Alpes, ce qui fera vraiment plaisir à tous les lyonnais de l’orchestre.

Est-ce que vous allez faire évoluer votre répertoire, vos choix musicaux ?

Sur le son d’ensemble et la qualité, nous sommes, bien sûr, très motivés pour nous améliorer. Nous avons bien conscience d’être encore un tout jeune ensemble. C’est pour cela aussi que nous ne devons pas attendre que l’on vienne nous chercher. Nous devons nous bouger, prendre des initiatives. Par exemple, nous avons pour objectif de développer des concerts en collaboration avec une formation musicale différente du brass band, comme le concert avec choeur évoqué tout à l’heure. Cela permet d’accrocher différents publics et de les ouvrir à un genre nouveau. Nous avons aussi l’ambition de participer à des festivals à l’étranger et de créer nous-mêmes un festival d’orchestres amateurs.

L’entretien s’achève car il est temps pour Mathias Charton de rejoindre ses musiciens installés ce jour-là dans un kiosque du parc des Buttes-Chaumont. C’est un beau samedi de juin. Peu à peu, les bancs se remplissent, les promeneurs s’arrêtent, les bébés, paisiblement allongés dans leurs poussettes, jouent des orteils en souriant au soleil. Les chiens se taisent. Il y a un souffle de jeunesse, une onde d’énergie et de bonne humeur qui circule et qui s’épanouit à travers les notes de musique et la promesse de l’été tout proche.